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Bissextile

(PR) – « Année bissextile, année de 366 jours revenant tous les quatre ans, et dont le mois de février compte vingt-neuf jours » : nous y sommes, et ce jeudi qui vient aura donc la particularité d’être « un petit plus » dans une année qui, même si elle doit être olympique, n’est apparemment pas partie pour nous offrir la paix et le bonheur… Mais il est vrai qu’il y aura certainement des cartomanciennes pour nous prédire que le 29 février 2024 pourrait changer la face du monde – on verra !


  Si nous connaissons – dans notre partie du monde régie par le calendrier dit « grégorien » – ce système un peu bizarre de ce jour ajouté au mois de février une année sur quatre, c’est parce que la Terre ne se déplace pas tout à fait « parfaitement » autour du Soleil. Il lui faut exactement 342, 242 jours pour parcourir son orbite – un jour, c’est le temps que notre planète met pour tourner sur elle-même. Et sans la correction du jour supplémentaire en février, il y aurait, au fil des décennies et des siècles des perturbations dans l’ordre des saisons.

   Une fois de plus, c’est à César qu’on doit ce bouleversement. Dans son « Dictionnaire universel » de 1690, notre ami Antoine Furetière a son explication pour « bissextile » : « Ce mot vient de ce que les Romains comptoient deux fois le même jour de Fevrier où l'on mettoit le bissexte, bis sexto Calendas Martias, six jours devant Mars. » C’est vrai que dans sa grande sagesse, Jules avait remarqué qu’il y avait un décalage entre les années solaires et les années calendaires. Même si, à l’époque, les vacances scolaires ne posaient pas de problème, il fallait arriver à mieux synchroniser le cours des jours et des saisons.

   Le vainqueur d’Alésia ne créa pas une commission, mais fit appel à un astronome grec, Sosigène d’Alexandrie – rien à voir avec Ségolène du Poitou qui, elle, aurait eu la « bravitude » d’embrouiller le système solaire… Sosigène, donc, rendit son rapport après avoir consulté ses collègues égyptiens, en suggérant d’ajouter de temps en temps un jour au calendrier.

   César, en bon « dictateur » (ne pas confondre avec Stalpoutine…), imposa ce système dans son calendrier « julien », qui fut ensuite affiné au XVIe siècle avec l’adoption du calendrier « grégorien ». Un exemple de la subtilité du calcul nécessaire pour savoir si une année est bissextile ou pas ? Elles doit être, bien sûr, multiple de quatre, mais n’est pas bissextile si elle est multiple de cent, saut si elle est multiple de 400. Vous avez suivi ? C’est ainsi que l’an 2000 eut l’honneur d’être bissextile !

    Dans le domaine des jours «supplémentaires » du calendrier, il y a eu une tentative assez originale lors de la Révolution française. L’année avait été divisée en douze mois de trente jours, et pour arriver à équilibrer avec l’année solaire, on décida, le 4 frimaire de l‘an II, d’ajouter des journées dites « sans-culottides », avec des spécificités bien précisée : un jour de la vertu, un du génie, un du travail (ce n’était pas le 1er mai…), un de l’opinion, un des récompenses (pour remplacer Noël ?).

   Si le 29 février a vu les naissances (entre autres) de Gioachino Rossini (1792)   ou de Michèle Morgan (1920), il y eut aussi, en 1844, celle de François Baptiste Ephraim Camember, qui s’illustra – grâce au talent du dessinateur Christophe – dans les « Facéties du Sapeur Camenber » publiées sous forme de feuilleton dans le « Petit Français illustré » de 1890 à 1896. L’une de ses plus célèbres facéties : son supérieur lui demandant d’enlever la terre qu’il venait de sortir d’un trou, il en creusa un deuxième pour mettre cette terre, puis un autre, puis… Depuis 1980, ce génie est célébré par « La Bougie du Sapeur », journal humoristique qui ne paraît que… le 29 février ! A bon entendeur…

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