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Dôme

(PR) – « Sommet arrondi de certains grands édifices ; montagne peu élevée et arrondie » nous dit le Robert à propos de ce mot. Mais, alors, pourquoi l’ai-je choisi ? Continuez la lecture du dictionnaire, et vous lirez « système fermé de haute pression (anticyclone) sous lequel se crée une zone stationnaire de forte chaleur ». Nous y voilà, depuis quelques jours une bonne partie de l’Europe doit vivre sous un « dôme de chaleur ».


  Dans les basiliques ou églises d’antan, les « dômes » étaient plutôt synonymes de fraîcheur !  Si l’on consulte le « Dictionnaire universel » publié en 1690, on constate que l’ami Antoine Furetière en était resté, lui, à la définition architecturale du mot « dôme » : il constate, par exemple, que « toutes les belles Eglises modernes ont des domes à la croisée ». Le climat, les températures ? Que nenni, ce n’était pas une préoccupation de l’époque ; ou, plutôt, les moyens d’investigation et de contrôle ne permettaient pas de dresser des constats, de tirer des sonnettes d’alarme comme on aime à le faire (entre autres) pour le moindre dérèglement climatique.

   Dommage que l’on n’ait ressorti le mot de « dôme » à la « Une » des journaux, des radios et des télés, que pour la circonstance météorologique actuelle. Car dans toutes les grandes villes d’Europe, presque sans exception, on trouve des édifices, généralement religieux, surmontés d’un « dôme », symbole de majesté. Le Panthéon de Rome avait ouvert la voie et, depuis, toutes sortes de « dômes » ont été réalisés, avec chacun ses caractéristiques architecturales qui font qu’on ne peut pas les oublier.

   Quelques exemples ? Commençons par deux extrêmes : la basilique Saint-Sophie d’Istanbul (redevenue mosquée par la volonté de celui qui se verrait bien en empereur byzantin...) ; un peu plus loin les bulbes de la cathédrale de l’Annonciation à Moscou (là où quelqu’un se rêve aussi en nouveau tsar…)

   Il y a également des « dômes » qui nous sont plus sensibles. Une image ? Celle de celui de la cathédrale St-Paul, à Londres, résistant aux bombardements de la Luftwaffe en 1940-1941, une seule bombe l’atteignant pendant le « blitz ». Il devint le symbole de la résistance anglaise.

  Encore un « dôme » qui nous a marqués dernièrement : celui du Capitole à Washington, lorsque des hordes excitées par l’ex-président Donald Trump se sont lancées à l’assaut de ce temple de la démocratie – aussi imparfaite puisse-t-elle être.

  Dernier « dôme » qui a imprégné mes rétines de journaliste, celui des Invalides à Paris. Lors de répétition avant les Jeux olympiques de 2024, on voyait des athlètes traverser le pont Alexandre III avec, dans le dos, la merveilleuse réalisation de Jules-Hardouin Mansart, le « dôme » magnifique de l’Hôtel des Invalides, sous lequel réside depuis 1861 Napoléon Ier…

   Pour en revenir quand même, après ces digressions historico-politiques, au « dôme de chaleur », on peut se dire que, comme l’affirment des experts, « le phénomène va durer »… Mais, après tout, il y a soixante ans, les Frères Jacques prenaient les choses du bon côté…

« En fin de matinée y a quèqu' chose

 de nouveau, Il fait chaudÇa s'aggrave d'heure en heure,

 bientôt nous étoufferonsIl fait chaud, il fait chaud…

Les femmes sont adorables,

comment peuvent-elles rangerdans si peu de tissu

tant de choses à toucher…Partout dans les bistrots

on prépare les grands verres.On a beau être content,

Il fait chaud, mais faut jamais s'en faire…

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