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Valentin

(PR) – « Jeune homme qui était choisi par une jeune fille le jour de la Saint-Valentin, et qui était tenu, à cette occasion, de lui offrir des présents ». Le Larousse définit d’une manière presque romantique une tradition devenue, au fil des siècles, une fête commerciale qui ravit tout d’abord les fleuristes, mais aussi les vendeurs de parfums ou de tas d’autres colifichets destinés à prouver l’amour que l’on éprouve à l’égard d’une personne avec laquelle on partage sa vie. Mais pourquoi donc Valentin est mêlé à tout cela ?


Une fois de plus, il faut en revenir à l’héritage romain. A la belle époque de la République, on célébrait, à ce qui corres-pond aujourd’hui à notre mi-février, la fête des « Lupercales ». Qu’était-ce donc ? « Lupercus » étant le dieu de la fertilité, et pour lui rendre hommage, les hommes pouvaient se déguiser et poursuivre les jeunes femmes dans les rues. La suite on peut la deviner…– surtout qu’à l’époque il n’y avait pas de #metoo…


Pour essayer de mettre un frein à cette tradition jugée trop lubrique, l’Eglise fixa au 14 février la fête d’un prêtre dénommé Valentin. Il avait été décapité sous l’empereur Claude parce qu’il avait conti-nué d’organiser des mariages alors que cela était interdit. Juste avant de perdre la tête, il aurait rendu la vue à la fille de son gardien de prison, laquelle était aveugle et dont il était tombé amoureux, ce qui valait bien, il faut le reconnaître, une béatification !


Tout cela ne nous dit pas pourquoi le 14 février est devenu la fête des amoureux. Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est en traversant la Manche que l’on peut, dit-on, trouver la solution. Vérifiée ou pas, elle n’en est pas moins très mi-gnonne : on estimait depuis longtemps que c’est à cette date-là que les oiseaux se mettent le plus en couple – pas de #metoo non plus…

Au quinzième siècle – l’Angleterre était encore catholique – le pape Alexandre VI donna à Valentin le titre de « patron des amoureux », ce qui était aussi une manière de combattre la pratique de la « valenti-nade » – il s’agissait d’une « liberté » per-mettant aux dames de la Cour britannique de s’écarter pendant une journée des ri-gueurs du régime matrimonial – heureu-sement, pas de #metoo non plus…


Au fur et à mesure des siècles, Valentin a vu sa sainteté de plus en plus écornée par les appétits commerciaux. Au point qu’en 1969 le pape Paul VI l’a purement rayé du calendrier liturgique romain – le pauvre n’y était pour rien !


Mais cette sanction n’a pas empêché le 14 février d’être un jour fructueux dans beaucoup de domaines. Les chiffres col-lectés pour une étude économique démon-trent qu’en France quelques millions de fleurs vont être vendues – des roses en majorité – que la moitié des personnes (hommes et femmes) vont dépenser plus de 50 euros en cadeaux, avec une priorité pour les parfums.


Il fut un temps où, même si la Saint-Valentin n’existait pas encore, les cadeaux devant témoigner de l’amour avaient un peu plus d’allure qu’un bouquet de roses… Par exemple le magnifique Taj Mahal que l’empereur moghol Chah Jahan offrit à son épouse – juste avant son décès il est vrai.


Pour d’autres, comme le chroniqueur américain Josh Ruck, « la Saint-Valentin est une fête qui a été inventée par les femmes pour que leur mari dépensent l’argent qu’ils ont durement gagné en ache-tant des bouquets de fleurs vendus deux fois plus chers que les autres jours de l’année ». Mauvaise langue, va !


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